Êtes-vous la lumière ou l'ampoule ? Le paradoxe du corps dans nos transitions de vie

Dans une de ses plus belles interviews sur le milieu de la vie, le mythologue Joseph Campbell pose une question vertigineuse. Face au corps qui vieillit et aux identités qui s'effondrent, il demande :

"Que suis-je ? Suis-je l'ampoule qui porte la lumière, ou suis-je la lumière dont l'ampoule est le véhicule ? Ce corps est un véhicule de conscience."

Pour Campbell, la souffrance de nos grandes transitions vient d'une erreur d'identification.

Nous nous accrochons à la carrosserie qui se raye, au pare-chocs qui se détache – nos anciens rôles, notre statut, nos certitudes – au lieu de nous identifier à la conscience qui habite ce véhicule.

Intellectuellement, l'image est brillante.

Mais dans la réalité brûlante d'une perte de repères, d'un deuil, ou d'une profonde crise d'identité...

comment fait-on ?

Le piège de la fuite mentale

En tant que praticien et formateur, je vois souvent des personnes tenter de fuir leur inconfort émotionnel en se réfugiant dans cette "conscience" abstraite.

C'est ce qu'on appelle la fuite spirituelle.

Mais voici une loi incontournable du changement : aucune transformation profonde ne peut se faire en contournant le corps.

Le Voyage du Héros, cette cartographie universelle de nos mues intérieures que Campbell a si bien décrite, n'est pas qu'une aventure de l'intellect. C'est une épreuve viscérale. L'esprit propose la direction, mais c'est le corps qui traverse le feu.

Le corps, le souffle et le conducteur

Si le corps est le véhicule de notre expérience, comment l'aligner avec notre nouvelle identité ?

C'est ici que la magie opère : le corps est le véhicule, la respiration est le carburant, et la conscience est le conducteur.

Souvent, lors de nos grandes transitions de vie, notre véhicule tourne en rond ou fait des sorties de route.

Pourquoi ?

Parce qu'il est conduit par nos peurs, nos mémoires traumatiques et nos anciens schémas cristallisés dans nos cellules.

La conscience a été reléguée sur le siège passager, impuissante.

Comment lui redonner le volant ? C'est l'essence même de la Transformational Breath.

Introduire la conscience, ce n'est pas "penser" plus fort à sa transformation. C'est utiliser le souffle continu et connecté pour faire taire le brouhaha du mental et entendre à nouveau l'Appel.

Au moment exact où, au cœur d'une séance de respiration, vous décidez d'accompagner votre souffle là où ça coince au lieu de fuir la sensation, un basculement s'opère.

Vous réalisez que vous n'êtes pas l'angoisse qui serre votre plexus : vous êtes l'espace vaste et intouchable qui l'accueille.

La conscience vient de reprendre la direction.

Faire corps avec le véhicule pour franchir le seuil

En respirant volontairement dans nos zones de blocages physiques, nous ne fuyons pas le véhicule : nous le traitons comme un être vivant.

Le carburant du souffle conscient permet de remettre en mouvement des énergies et des processus bloqués.

La conscience peut alors s'y déployer sans entrave, prête à affronter l'inconnu.

Vous traversez une période de grand flou ? Votre identité cherche à se réinventer et vous vous sentez bloqué au seuil d'une nouvelle étape ? Ne cherchez pas la réponse uniquement dans votre tête.

Venez la respirer.

Prêt à reprendre le volant de votre propre mythe ?

Découvrez comment allier la puissance de la Transformational Breath, les outils de coaching identitaire et la cartographie de Joseph Campbell lors de mon prochain stage immersif.

extrait de l'interview :

' Le problème, au milieu de la vie, lorsque le corps a atteint le sommet de sa puissance et commence à la perdre, est de s'identifier non pas au corps qui dépérit, mais à la conscience dont il est le véhicule.

Et lorsque vous parvenez à faire cela – et c'est une chose que j'ai apprise de mes mythes –, vous vous demandez : "Que suis-je ?". Suis-je l'ampoule qui porte la lumière, ou suis-je la lumière dont l'ampoule est le véhicule ? Ce corps est un véhicule de conscience.

Et si vous pouvez vous identifier à la conscience, vous pouvez regarder cette chose décliner comme une vieille voiture. Voilà le pare-chocs qui tombe, voilà ceci qui lâche, mais c'est dans l'ordre des choses, vous savez ? Et puis, progressivement, l'ensemble finit par se détacher, et la conscience rejoint la conscience. Je veux dire par là qu'elle ne se trouve plus dans cet environnement particulier.

(L'interviewer : Et les mythes, les histoires ont apporté cette conscience...)

Eh bien, je vis avec ces mythes et ils me disent de faire cela en permanence. C'est une question qui peut alors être comprise, de manière métaphorique, comme le fait de s'identifier au Christ qui est en vous. Et le Christ en vous ne meurt pas. Le Christ en vous survit à la mort et ressuscite.

Ou bien cela peut être avec Shiva : "Shivoham, je suis Shiva". C'est la grande méditation des yogis dans l'Himalaya.

Et l'on n'a même pas besoin de recourir à une telle image métaphorique, pour peu que l'on ait un esprit disposé à simplement se détendre et à s'identifier à ce qui l'anime. »

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Marc Brunet

Formateur certifié Transformational Breath